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 My land ; libre

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Sasheen
MessageSujet: My land ; libre   Lun 18 Sep - 10:41

L'Impératrice glissait au travers les arbres en cette douce matinée d'automne. Il était tôt et le soleil perçait à peine l'épaisse couche de feuillage du domaine sylvestre. Quelques tâches solaires baignaient sa robe immaculée. La brume la faisait paraître comme un esprit, un mirage, un fantôme dans un pays sauvage et mystérieux. Ici, la magie battait la sève et le sang dans les veines.
Sasheen profitait de cet instant où elle se trouvait seule. Il était rare qu'elle ne soit pas accompagnée, que ce soit pour discuter politique, affaires du royaume ou régler des soucis de clans. Elle avait besoin de se ressourcer parfois, comme tout le monde. Malgré le fait qu'elle apparaissait à tous comme inatteignable, inébranlable, puissante et d'un cœur sulfureux et désireux de conquête, elle avait parfois aussi ses faiblesses.

Sasheen s'arrêta subitement. Elle venait d'entendre un craquement. La reine de Gaïa se tendit, droite et fière, noble. Elle dressa les oreilles et chercha l'origine de ce bruit. Quelqu'un oserait l'attaquer sur son territoire ? Elle en doutait. Mais on n'était jamais trop prudent après tout.
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Rãkha
MessageSujet: Re: My land ; libre   Mar 19 Sep - 0:06

L'été enfin achevé, Rãkha était enfin sorti de son trou dans les terres libres où il avait erré les deux derniers mois. Les rumeurs qui avaient gagné les bois dans lesquels il logeait avaient attisé sa curiosité et l'avaient poussé à sortir de sa zone de confort, si agréable et pourtant si monotone. Il avait entendu parler de danger, de violence. Quelque chose, un mécanisme, s'était mis en mouvement sur les terres de Caeleste Sin, et cela l'intriguait au plus haut point. Tout cela était synonyme de nouveautés, d'aventure, de danger, et le solitaire aimait cela. Mais n'étaient-ce que les rumeurs d'oisillons sortis du nid, effrayés ? Ou bien tout cela était-il réel, la "Horde" comme on semblait aimer à l'appeler, avait bel et bien établi campement sur les terres déjà tiraillées entre trois empires ? Tout cela l'étalon n'en avait aucune idée, et le seul moyen de trouver réponses à ses questions était de s'assurer lui-même de la véracité de tous ces dires ; on ne peut croire que ce que l'on voit, telle était sa façon de penser.

De là où il se trouvait, le chemin le plus court à emprunter avait sans aucun doute été celui des terres de Gaïa, frontière directe avec les sois-disantes terres des équidés sanguinaires. Le Né des Cendres ne s'était alors pas posé davantage de questions ; plus vite il verrait, plus vite il pourrait se faire une idée de la menace qui planait sur ses terres natales. Ou du commencement d'une ère nouvelle, pourquoi pas. Dans tous les cas il se trouvait là, jonchant les terres de Gaïa, traversant le domaine sylvestre d'un pas rapide et discret en quête de toutes ses réponses.

Les lieux qui l'entouraient étaient d'une beauté à couper le souffle ; de l'herbe à foison, une verdure omniprésente qui rendait les bois presque féeriques, rappelant vaguement les sous-bois des terres libres. À la différence qu'ici, la dominante était le vert et non les tons orangés. Tout cela, Rãkha n'en avait que peu faire et n'y prêtait guère attention. Son objectif était les terres de sang, et il était en bonne voie pour y parvenir sans encombre. Autant dire que sur des terres sacrées comme celles qu'ils traversaient en ce moment-même, mieux valait ne pas trop traîner ; les querelles futiles avec un quelconque membre de l'empire descendant de la déesse ne l'intéressaient guère, et lui feraient perdre un temps précieux.

Craquant à chacun de ses pas, les feuilles mortes de l'automne tombées sur la terre séchée par l'hiver produisaient un son rythmé par les sabots de l'étalon qui martelaient le sol un peu plus lourdement à chaque pas. Bien que léger sur ses pattes, il y avait des sonorités que la discrétion ne suffisait pas à masquer.

Alors que l'étalon avançait, bercé par le doux craquement des feuilles, une effluve étrangère vint caresser ses naseaux. Un équidé sans aucun doute, et qui empestait l'odeur des combattants de Gaïa. Pestant intérieurement, Rãkha s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'il s'aperçut que cela s'avérait inutile ; trop tard, il faisait déjà face à une jument grise, noble et droite, les oreilles tournées dans sa direction. Le brun s'arrêta aussitôt, pris au dépourvu, fixant l'étrangère de ses yeux noirs

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Sasheen
MessageSujet: Re: My land ; libre   Ven 6 Oct - 13:42

Ses yeux fiers se posèrent sur la silhouette d'un cheval brun. Entre les arbres, et dans la brume ambiante, il passait pratiquement inaperçu et s'il n'avait pas marché sur la brindille, jamais elle ne l'aurait découvert. S'agissait-il d'un espion, d'un assassin ? Sasheen le jaugea un long instant, son regard le fixant avec intensité et froideur.
Elle huma l'air alors, et l'odeur de congénère équin qui lui faisait face.

Aucune trace de n'importe quel royaume. Ou du moins, c'était plutôt l'inverse : l'étranger portait sur lui de trop nombreuses odeurs pour déterminer à qui il prêtait allégeance. L'impératrice conclut donc qu'elle avait face à elle un solitaire. Ils étaient généralement mal vu, notamment lorsqu'il s'agissait d'un cheval. Eux, les descendants des Dieux, étaient nés pour leur faire honneur. Ne pas appartenir ni à Gaïa, ni à aucun des deux royaume d'Ouranos était vu par les autres équidés comme un détraqué, un boulet de la société. Un cafard.

Ce fut donc sans aucune empathie, et avec toute la condescendance dont elle était capable que Sasheen s'adressa à lui.

- Vous n'avez rien à faire sur mes terres, étranger. Vous n'êtes pas le bienvenu ici.

Qu'elle soit seule n'y changeait rien. Elle maîtrisait le vent, et on lui avait inculqué les rudiments du combat, malgré sa frêle silhouette délicate qui ne démontrait rien d'une guerrière. En soi, à l'intérieur de ce corps fait de porcelaine s'animait une âme monstrueuse, plus terrible encore que le Tartare.
Sasheen n'avait pas bougé et fixait toujours l'étalon bai avec froideur, presque dégoûtée. Il faudrait qu'elle pense à fermer ses frontières aux bêtes de sa sorte.

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Rãkha
MessageSujet: Re: My land ; libre   Dim 8 Oct - 20:43

Hrp:
 

Fine et de petite taille, presque frêle, la jument à la robe nacrée qui lui faisait face avait tout d'une princesse ; son aura emplie de noblesse et sa posture sans faille trahissait une certaine place dans la hiérarchie des descendants de Gaïa. Sans une once de discrétion et presque avec une certaine provocation, Rãkha la détailla de longues secondes pour parvenir à ces conclusions qui furent aussitôt confirmées lorsque la grise s'adressa à lui.

« Mes terres » avait-elle dit, avec une condescendance insupportable. Plantant ses yeux noirs et sans âme dans ceux de celle que l'on appelait L'Impératrice, Rãkha était témoin de tout le mépris et le dégoût qu'elle lui adressait. Il n'était qu'un solitaire ; après tout, il ne descendait ni de Gaïa ni d'un quelconque autre dieu, et ne prêtait allégeance à aucun d'entre eux comme un stupide mouton pour assurer ses arrières. Non, les siennes, il savait très bien les assurer tout seul, et n'avait pas besoin d'un royaume pour ça. Il ne se soumettait pas aux rois, il enfreignait les règles. Il allait et venait sans que nul ne sache jamais ce qu'il faisait ni ne puisse prévoir ce qu'il allait faire. Il était libre, têtu et imprévisible. Un électron libre. Mais un déchet aux yeux des autres. C'était évident, lorsque l'on était né sous une bonne étoile comme la jument qui lui faisait face, on ne connaissait rien à tout cela. La liberté était de dépendre des autres, les règles étaient d'obéir. De toute évidence le rêve absolu. Ils ne comprenaient pas que les solitaires aussi avaient un passé, une histoire. Qu'eux aussi étaient concernés et impliqués dans les conflits de Caeleste Sin. Ils ne pensaient même pas que certains pouvaient se battre encore mieux que leurs propres combattants. Ils étaient tous aussi stupides et égoïstes les uns que les autres. Et ils étaient tout aussi méprisables qu'ils méprisaient.

Rãkha esquissa un rictus provocateur. C'était la première fois qu'il rencontrait un équidé tout en haut de la hiérarchie, et il n'allait certainement pas se laisser démonter par cela. Si elle préférait penser qu'il était un solitaire banal, une vulgaire girouette stupide et inutile, qu'il en soit ainsi. Mais la belle risquerait de tomber de haut. Ne s'était-elle pas encore aperçue qu'il ne ressemblait en rien à ces vieux équidés solitaires tassés dont elle avait la seule image ?

« L'Impératrice », prononça-t-il a haute voix sur un ton presque malsain, comme s'il ne venait que de le comprendre. « Votre réputation vous précède.»

Droit comme un i, le solitaire ne bougeait pas d'un poil. Seule flottait dans l'air la brise automnale si douce et agréable, seul flottait sur ses lèvres cet insupportable sourire en coin qui ne le quittait jamais. Ses paroles flatteuses et ses manières n'étaient qu'une extrême futilité qu'il ne cherchait pas même à cacher.

« Mon séjour est de courte durée, je ne suis que de passage. Je ne vous dérangerai pas longtemps. »
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Sasheen
MessageSujet: Re: My land ; libre   Lun 20 Nov - 16:50

Sasheen jugeait l'inconnu et le regardait comme un mouchoir usagé au milieu d'une ruelle. Malgré son jeune âge qui aurait pu lui mettre la puce à l'oreille, la jument n'était pas du tout impressionnée par l'étranger. Après tout, elle était impératrice de l'empire de Gaïa, et ce n'était surement pas un vulgaire solitaire qui oserait lever la main sur elle, au risque de signer son arrêt de mort et de se mettre tout un royaume à dos.

Il cherchait à la provoquer, à sa façon de parler et de s'exprimer. Un sourire au coin des lèvres, un ton hautain, comme celui de Sasheen. Il remettait en cause son autorité, et cela n'était pas pour plaire à la femelle de haute lignée. Elle courba quelque peu l'échine, son regard s’acérant un peu plus sur la silhouette brune de l'inconnu.

- Puisque vous savez qui je suis, déclinez votre identité. C'est la moindre des choses.

Un séjour de courte durée, sur les terres de Gaïa. Il les avait pris pour un centre de loisirs, et de vacances ou bien ? Il avait posé le sabot sur le territoire d'une civilisation guerrière mais pas des moins cultivée. Lui, allait et venait comme un papillon, en toute innocence. Il n'avait apparemment aucune idée de l'affront qu'il faisait aux Gaïens. Mais puisqu'il disait qu'il n'était que de passage...
Après tout, un solitaire comme lui, à quoi pouvait-on s'attendre de mieux ?

Pour Sasheen, ils étaient comme les moustiques et les mouches en été. Insupportables, à voleter tout autour des grands de ce monde.
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Rãkha
MessageSujet: Re: My land ; libre   Sam 25 Nov - 14:09

Le regard que l'Impératrice lui portait était des plus déplaisant ; hautain, méprisant, presque emplit de dégoût. Si quelque part au fond de lui cela lui déplaisait, le jeune étalon préférait s'en amuser. Au fond, nul ne connaissait réellement les solitaires ; au contraire, ils étaient tous des équidés bien trop faibles pour se débrouiller seuls dans la nature, tous dépendants les uns des autres, prêts à se trahir, prêts à se battre pour la bataille de leurs ancêtres. Rãkha n'était pas cheval à apprécier la routine et la paix, lui ne vivait que pour l'adrénaline, mais il trouvait cette guerre des descendants bien futile ; hormis les raisons que leurs avaient donné leurs ancêtres, les trois peuples n'avaient aucun motif pour se battre. Au fond, ils étaient bien tous pareils. Et rivés les uns sur les autres, ils ne voyaient même pas la nouvelle faction qui se tapissait dans l'ombre. Quelle bande de crétins.

Mais les solitaires, eux qui n'avaient rien demandé, étaient traités comme des déchets pour l'unique raison qu'ils ne prenaient pas part au conflit. Evidemment, nul ne pensait au rôle qu'ils pouvaient jouer dans cette guerre, ni à l'utilité qu'ils pourraient avoir. Un chef de clan avait-il déjà pensé que les solitaires pouvaient être les mercenaires idéals ? Ou des espions de qualité ? Bien sûr que non. Ils étaient bien trop centrés sur les autres clans qu'ils en oubliaient tout le reste, tous les atouts insoupçonnés qui se trouvaient autour d'eux. Et ils ne méritaient que ça pour leur égoïsme et leur stupidité.

Le sourire en coin malsain de l'étalon s'élargit lorsque la demoiselle lui demanda son nom. Méprisante envers les solitaires mais montrant quelque peu d'intérêt à l'identité de son interlocuteur, l'Impératrice ne faisait preuve que de peu de cohérence, et c'était plutôt intéressant.

« On me nomme Rãkha. » Annonça l'étalon avec élégance en plantant ses prunelles dans celles de la jument.

Le sourire du mâle s'effaça pour laisser place à un visage impassible. Son nom était une parfaite représentation de lui-même ; contrairement à l'Impératrice il sonnait dur, presque nordique. Rugueux et peu délicat, tout ce que l'étalon était au fond de lui. Et sa signification n'était pas moins révélatrice de son passé, bien que cela restait invisible pour les autres et qu'il préférait de loin le garder pour lui. Enoncer son nom à haute-voix était, pour Rãkha, un constant souvenir de son passé douloureux. Un fardeau qu'il portait avec lui sans cesse, et qui ne le quitterait jamais.

La concentration de l'étalon ne dévia pas de la jument, qui elle n'avait que pour seul fardeau celui d'être la descendante d'une lignée des dieux. Que connaissaient-ils de la vie, la vraie, tous ces équidés nés entourés de soutient et de richesses ?
[Mes excuses, ce n'est pas terrible.]
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Sasheen
MessageSujet: Re: My land ; libre   Mar 28 Nov - 22:19

Sasheen tendit les oreilles en direction du bai, lorsqu'enfin il déclina son identité. Un nom dur, raclant dans le palais, mais sonnant d'une doucereuse froideur grâce à ses voyelles. Un nom aux deux personnalités. En était-il de même pour l'étalon en face de l'impératrice ? Était-il fou, atteint d'une maladie incurable, que l'on traînait toute sa vie, une maladie de l'esprit ?
Il n'en avait pas l'air, mais on avait inculqué à la fille de Gaïa de toujours se méfier des apparences.

Aussi se concentra t-elle plus intensément sur le langage corporel du solitaire. Son sourire provocateur avait disparu spontanément lorsqu'avait résonné son nom entre les arbres.

- Rãkha...

Entre ses lèvres délicates, il sonnait presque trop dur et trop fort, malgré son chuchotement. Et pourtant, sa dualité laissait sur la langue de l'impératrice un arrière-goût de doux-amer. Étonnant. Son regard solide posé dans celui de l'étalon, qui la fixait sans défiance, sans méfiance. D'égal à égale.
Sasheen détourna ses yeux, mais ce n'était nullement parce qu'elle était impressionnée par le bai. Elle glissa ses prunelles aux alentours. Ils étaient vraiment seuls. Mais si elle appelait, quelqu'un viendrait. Sasheen était pratiquement toujours sous surveillance, si bien que ses petits moments d'intimité avaient été rares tout au long de sa vie. Elle s'était accoutumée à être à la merci du regard des autres. A chaque instant. A chaque geste, chaque parole. On la jugeait. Que quelqu'un ose profaner l'impératrice seulement : son courroux tomberait inexorablement, irrémédiablement.

Retournant son attention sur l'entier, l'immaculée huma son odeur plus en détail, ses naseaux se dilatant doucement à cette intention. Il portait sur lui un parfum d'aventure, beaucoup des fleurs des terres libres, mais aussi partout ailleurs, là où jamais elle n'avait pu aller. Solryan, Volryan. Au delà de la frontière peut-être ?
Sasheen elle, portait ancré sur son poil un parfum de nénuphar sucré, et d'huile végétale fruitée. Souvent, elle prenait des bains, et on cirait son pelage d'un mélange d'agave. Elle méconnaissait sa propre odeur corporelle. Depuis longtemps, à chaque fois que ses naseaux frôlaient ses flancs, elle ne sentait que le parfum des fleurs de la forêt que l'on déposait sur elle.

Le silence avait pris sa place entre les deux êtres équidés, si proches et pourtant si éloignés. Sasheen l'avait déjà mis en garde. Elle avait poussé la curiosité un peu trop loin à son goût en lui demandant son nom. Même si elle aurait voulu savoir toutes les terres qu'il avait traversé, elle repoussait son envie au profit de la sagesse de son rang. Elle ne s'abaisserait pas à cela.
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Rãkha
MessageSujet: Re: My land ; libre   Mer 29 Nov - 21:13

Le nom du jeune mâle sonnait faux dans la bouche de l'Impératrice. Léger, dissonant, presque trop doux pour ce qu'il était vraiment. Rãkha n'était pas habitué à cela ; d'ailleurs, il n'était pas habitué à ce qu'on l'appelle par son nom, qu'il trouvait rarement utile de décliner. Non, Rãkha, on le surnommait. Le Solitaire. Le Né des Cendres. L'erreur de la nature. C'est ce qu'il avait entendu toute son enfance et qu'il entendrait à tout jamais dans son esprit. Sûrement est-ce de là que lui venait son instabilité.

Le doux bruit du silence résonnait désormais dans les oreilles de l'étalon. Son regard n'avait pas dévié de la duchesse ; elle était comme un aimant pour les yeux. D'une robe légèrement grisée parmi les couleurs automnales, elle faisait presque tâche dans ce décor si boisé. Mais elle en ressortait d'autant plus d'une élégance et d'une grâce que l'étalon avait rarement vues. D'un parfum agréable pour les naseaux à une robe scintillante, son apparence faisait d'elle une reine soignée et présentable ; tout le contraire de l'entier, avec sa robe quelque peu poussiéreuse et ses crins ébènes entremêlés. Peut-être était-ce lui qui faisait tâche en ce moment-même.

La jument rompa le contact visuel pour poser ses prunelles sur les environs. Rãkha était intelligent, il se doutait que l'Impératrice était surveillée comme le lait sur le feu, mais il n'avait senti aucune autre présence dans les alentours. Pouvait-elle sentir les siens veiller sur elle ? Rãkha lui ne les sentait pas et s'ils n'étaient pas là, peut-être était-ce la raison pour laquelle il avait pu approcher la Gaïenne.

L'étalon se concentra de nouveau sur celle qui lui faisait face, désireux de trouver ses limites. Celle-ci lui avait montré un intérêt certain et étonnant pour une reine, peut-être était-ce là une passerelle qu'il lui fallait saisir. La jument n'était peut-être pas si indifférente et méprisante des solitaires qu'elle aimait - ou qu'elle devait - le faire croire. Il lui fallait y aller avec des pincettes.

« Ce n'est certes pas un nom aussi doux que celui de Sasheen, mais il a le mérite de se vouloir quelque peu guerrier, pour un solitaire. » Reprit-il avec une certaine fierté.

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Sasheen
MessageSujet: Re: My land ; libre   Ven 1 Déc - 11:37

Il était clair qu'ils n'étaient pas du même monde : sa vie était basée sur la survie. Celle de Sasheen était une cage en or. Elle évoluait dans un écrin de volupté et de douceur, de futiles illusions qui sonnaient faux lorsqu'elle devait prendre des décisions politiques parfois extrêmes. Mais on l'avait préparée à cela. Dire à un père de famille criant famine que le royaume fera son possible pour l'aider, alors qu'il y avait bien d'autres chats à fouetter, elle avait déjà fait. Comme elle avait déjà rendu une sentence de mise à mort. Cela faisait partie de son quotidien.

L'impératrice avait très peu de temps pour elle, en soi. Et du temps rien qu'avec elle, elle ne connaissait pas. Même ici en face de ce solitaire, bien que d'apparence elle était seule, elle savait que quelqu'un d'autre était là. Quelque part. Un oiseau, un mulot. Il suffisait de cela. Des êtres invisibles, rapporteurs. Il y avait toujours un regard porté sur elle.
Elle n'avait pas le droit à l'erreur. Du moins, pas une telle erreur.

S'accoquiner avec un vagabond, cela ferait un tel scandale qu'elle en entendrait parler pendant des lustres et que cela remettrait en question son autorité. Elle n'aurait d'autres choix que de tuer ceux qui la pointeraient du doigts, et faire terreur pour mieux régner. Malgré tout, elle savait que ce n'était pas la bonne solution : il lui fallait des bases solides de confiance ou de respect, pas de la peur. Sinon, elle ne compterait plus le nombre d'ennemis qu'elle aurait à ses côtés.

Rãkha reprit la parole pour continuer le semblant de conversation qu'ils avaient entrepris. Elle ne savait réellement comment prendre le fait qu'il l'appelait par son nom sans précédé de son titre. C'était un affront certain, mais il était un solitaire et n'appartenait pas à Gaïa. Il était dans la provocation constante. Cependant, elle ne pouvait laisser passer cela.

- Vous n'êtes pas mon égal. Pour vous et pour tout autre, c'est Son Impératrice.

Sa voix laissait transparaître une pointe protocolaire, mais une sévérité certaine. Son regard quant à lui, en disait long sur ses véritables intentions. Elle ne pouvait décemment pas le laisser l'affronter ainsi aux yeux de quiconque, cela serait scandaleux, mais elle était bien curieuse de cet inconnu. De cette rencontre.
Une nouvelle fois, elle darda ses prunelles sur les alentours. Quelque part, une ou plusieurs paires d'yeux les observaient, guettant la moindre erreur de l'un ou de l'autre. Pour l'un, il signerait son expulsion de l'Empire de Gaïa ou son arrêt de mort s'il était malchanceux. Pour l'autre, elle colportait des rumeurs nuisibles, véritable poison à son règne.

Sasheen prit le pas, son collier cliquetant contre son encolure fine et élégante. Elle entama un arc de cercle autour de l'étalon bai, avançant doucement, et imperceptiblement aux observateurs étourdis, se rapprochant de lui. Elle devait détourner l'attention.

- Vous dites "guerrier", mais vous n'avez personne pour qui vous battre. Pas plus que des idéaux.


Il était un solitaire. Pourquoi donc lèverait-il ses armes si ce n'était que lui-même ? Et dans ce cas-là, il n'avait rien d'un guerrier aux yeux de la Gaïenne.
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Rãkha
MessageSujet: Re: My land ; libre   Dim 3 Déc - 15:03

Le solitaire ne put retenir un rire mauvais à la remarque de l'Impératrice sur ses manières. Son Impératrice. Quel mépris. Quel égocentrisme. Pensait-elle vraiment que l'étalon accordait une quelconque importance à son titre ? Toutes ces manières, ces révérences, l'importaient peu. Que les équidés de son empire l'appellent par son titre, cela les regardait. Mais il ne lui vouait pas allégeance, ni à elle, ni à quiconque. Impératrice ou non, pour lui, elle n'était qu'une jument un peu plus élégante que les autres avec un joli collier autour du cou, mais certainement pas une couronne sur la tête. Il ne lui devait rien, et ne se considérait, peut-être à défaut, nullement en-dessous d'elle. Si elle désirait son respect, elle l'aurait par son comportement. Certainement pas pour son titre. Parce qu'un titre, ce n'est rien. Rãkha pensa inutile de relever cette remarque si futile.

Une nouvelle fois les yeux de la jument s'attardèrent sur les alentours. Rãkha était loin d'être stupide ; il se savait en terrain privé et protégé, et il risquait gros à faire la conversation à l'Impératrice. Celle-ci venait tout juste de confirmer ses soupçons ; s'il n'y avait pas d'équidé près pour intervenir au moindre doute, ce monde était rempli de toutes les créatures possibles et imaginables. Les arbres ont des yeux, les arbres ont des oreilles. Tout ce qui prête allégeance à la jument grise est prêt à écouter, parler, rapporter, intervenir. Se plaît-elle dans cette vie constamment épiée, surveillée ? Le solitaire trouverait cela plus que gênant et agaçant. Aucune intimité, aucune solitude. Elle n'était libre de rien ; ni de faire ce qui lui plaisait, ni de parler à qui elle le souhaitait. Tout cela devait être quelque peu lassant, mais Rãkha serait bien loin de la plaindre. Encore une différence qui ne fait que creuser le fossé entre leurs deux mondes.

Ses yeux parlaient à sa place ; l'étalon ne connaissait que trop bien cette lueur de curiosité qu'elle possédait au fond du regard. Il était vrai, cela était quelque peu plaisant.

Lorsque l'Impératrice s'avança et entama un cercle autour du solitaire celui-ci ne flancha pas, mais il se raidit aussitôt. Rãkha plissa quelques peu les yeux, perplexe. Il ne parvenait pas à saisir les intentions de l'altesse, mais le jeu était plutôt tentant, et il ne lui en fallait pas plus pour y entrer. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres, ses prunelles plantées dans celles de la jument qui lui tournait autour. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle faisait, à se rapprocher ainsi, mais l'idée que quelque chose se tramait dans sa tête intriguait l'étalon qui ne se concentra plus que sur la silhouette blanche.

« Son Impératrice ne sait rien du combat d'un solitaire, ni même de ses ambitions. » Avait-il dit en insistant sur ses premiers mots. « Je me bats pour moi-même, pour ma survie, pour mes idéaux. »

Il était vrai, Rãkha était ambitieux. Il ne voulait pas se battre pour des personnes à qui il ne devait rien, ou bien pour des raisons qui ne le concernaient pas. Il ne se battait que pour lui, pour sa liberté. Parfois même cela signifiait se battre contre lui-même et ses cauchemars ; c'était là son combat le plus sanglant.
Voulait-il diriger ? A quoi bon, si c'était pour ressembler à la jument à qui il faisait la conversation en ce moment-même. Un équidé à qui tout est dû, qui fait faire le sale boulot par les autres. Qui ne fait que commander. Et, qui plus est, n'a aucune intimité. Non merci.
Non, ce que le solitaire voulait, c'était prendre des risques. L'aventure, l'adrénaline, le danger, voilà ces motivations. Il voulait être un leader qui se bat, un leader qui risque sa vie à chaque seconde. Un leader qui mène une existence faite de dangers et d'aventures. Leader de son propre chef avant tout.

« Et vous, pour qui vous battez vous ? » Demanda-t-il intéressé.
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Sasheen
MessageSujet: Re: My land ; libre   Mar 12 Déc - 11:48


Cet étalon était plein de sarcasme. Elle releva le ton outrageux avec lequel il avait appuyé Son Impératrice, fronçant quelque peu les sourcils de mécontentement. Mais bon après tout, elle ne pouvait lui demander la perfection : il n'était qu'un reclus de la société.
Néanmoins, elle prêta plus d'attention à la réponse du bai qu'à cette pique gratuite. Quels idéaux portaient un solitaire dans son genre ? En avait-il seulement, ou bien se plaisait-il à le penser pour ne pas seulement répondre qu'il essayait simplement de survivre ? Sasheen s'arrêta dans son cercle autour de l'entier, posant un regard empli de questions sur ce dernier.

Cela ne lui venait pas à l'esprit qu'un solitaire ait une quelconque ambition. Quelles ambitions ? Elle ne voyait vraiment pas ce qui pouvait être le moteur de la vie de quelqu'un comme Rãkha, mis à part le fait que chaque jour était une épreuve pour vivre un peu plus longtemps. Sasheen avait la chance d'avoir de la nourriture en abondance et une garde assurée, en plus de son pouvoir élémentaire. On prenait soin d'elle et elle voyait la survie d'une façon différente de l'étalon.
Elle craignait pour sa vie, assurément. Elle était Impératrice et n'était pas à l'abri d'un met empoisonné ou d'un coup d'état contre sa tête. Ils vivaient autrement, mais au fond, ils étaient tous les deux des survivants.

La grise releva son encolure de cygne, faisant scintiller son collier d'or et d'argent lorsque Rãkha lui renvoya sa question. La réponse était évidente et elle afficha une mine quelque peu étonnée aux mots de l'étalon, avant de se reprendre d'une façon tout à fait convenable pour son rang et d'afficher de nouveau une attitude plus neutre.

- Mère Gaïa et tous ceux qui m'ont précédée, ainsi que le peuple que je gouverne, assurément.

N'était-ce pas évident ? Elle se demandait bien ce qu'avait ce solitaire dans le crâne. Elle était Impératrice de Gaïa, fille d'empereurs et d'autres impératrices. Le sang de Gaïa coulait dans ses veines et comme tous ceux avant elle, sa mission était vengeresse : mettre fin aux royaumes d'Ouranos tout en assurant le bien-être des siens.
Sasheen ne garda pas le silence longtemps, et posa une nouvelle question à Rãkha.

- Quels sont vos idéaux, solitaire ?
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